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Actualités

  • 6
    jan

    Education morale et civique, donnez-votre avis sur les futurs programmes


    Dès la rentrée prochaine, tous les élèves de la maternelle à la terminale devront suivre un enseignement moral et civique.

    Si, sur le principe, cela ne pose aucun problème, il convient cependant de rester extrêmement vigilants quant aux contenus des programmes ainsi qu’à la désignation des associations ou organisations d’éducation populaire habilitées à intervenir devant les élèves. Les risques d’instrumentalisations politique et idéologique sont, en effet, bien réels.

    Il suffit pour s’en convaincre de se rappeler ce qu’écrivait Vincent Peillon, à l’origine de ce projet, « la morale laïque » enseignée à l’école « est aussi un instrument de l’action politique, républicaine et socialiste » [1]

    Dans un entretien au journal du Dimanche, l’ancien ministre précisait que cet enseignement ne se limitait pas à la simple instruction civique :

    " cela comporte une construction du citoyen [...] mais aussi toutes les questions que l’on se pose sur le sens de l’existence humaine, sur le rapport à soi, aux autres, à ce qui fait une vie heureuse ou une vie bonne." Pour parvenir à cela, poursuit-il, « il faut être capable d’arracher l’élève à tous les déterminismes, familial, ethnique, social. »

    Dès lors que la famille est reléguée au rang des déterminismes dont il convient de s’émanciper, tous les dérapages sont possibles.

    Si nous ne voulons pas d’une école "Big Brother", nous devons rester vigilants et nous rappeler l’avertissement de la philosophe Chantal Delsol :

    " dans un pays libre, ce que nous nous flattons d’être, l’éducation morale est du ressort des familles. L’État peut instruire, mais il n’éduque pas. On peut douter d’ailleurs que la vertu s’enseigne comme la grammaire. Nous allons avoir des manuels dans lesquels la morale se résumera dans le bouclage de la ceinture de sécurité et l’interdiction de fumer. Car l’ordre moral passe aujourd’hui par ces momeries. D’autres feront la morale du gender ou bien réduiront tout à l’écologie. Il sera donc assez utile (euphémisme !) que les parents vérifient ce qu’on prétend apprendre à leurs enfants en terme de vertu. "

    Sage conseil. Aussi, il est important de profiter de la consultation qui s’ouvre sur le projet d’enseignement moral et civique pour faire entendre nos inquiétudes.

    Faisons entendre la voix des familles sur le contenu de cet enseignement

    Le conseil supérieur des programmes a publié deux textes pour délimiter les contours de cette éducation morale et civique.

    On ne peut que constater le grand flou de ces programmes, les notions sont vagues et les enseignants sont souvent placés dans des positions d’ équilibristes :

    Le conseil supérieur des programmes leur rappelle leur « évidente obligation de neutralité », tout en les incitant à une forme de prosélytisme en faveur de valeurs républicaines. Ces dernières doivent cependant « pouvoir être acceptées par tous, quelles que soient les convictions, les croyances ou les choix de vie personnels ». Comment savoir quelles valeurs répondent à ces recommandations ? Faut-il adapter ou négocier le contenu du programme en fonction des élèves ? Les enseignants sont laissés totalement seuls face à ces questions. Aucune de ces valeurs n’est clairement définie.

    Second problème que l’on peut souligner à la lecture de ces documents, c’est la préconisation de recourir à des associations comme SOS Racisme ou le MRAP pour intervenir devant des enfants à partir du CP. Trop souvent, les prises de position de ces associations se résument à des discours militants qui n’ont pas leur place en classe. Nous devons exiger que ces associations restent en dehors des établissements.

    Enfin, on ne peut que regretter que la notion d’égalité et de lutte contre les discriminations cannibalise la majeure partie des programmes. L’enseignement des valeurs de liberté et de responsabilité est, quant à lui, réduit à la portion congrue.

    La consultation, qui vient de s’ouvrir, se terminera le 23 janvier prochain. Je ne peux que vous inviter à envoyer vos remarques au ministère grâce à ce mail.

    Il est important de clarifier les valeurs qui doivent être transmises, d’insister sur les notions de liberté et de responsabilité quasiment absentes du projet présenté par le CSP et enfin de veiller à ce que les associations militantes n’aient pas accès aux salles de classes.


    [1(Vincent Peillon, La Révolution française n’est pas terminée, Seuil, 2008, p.193)