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Actualités

  • 18
    nov

    Classes sans note, l’exemple bidonné choisi par Najat-Vallaud Belkacem


    Pour imposer la suppression des notes, les communicants du ministère, en bons maquignons, n’ont pas hésité à maquiller les résultats du collège Gabriel-Seailles, dans lequel s’est rendue vendredi dernier, la ministre.

    Depuis des semaines, Najat Vallaud-Belkaceme multiplie les prises de position en faveur de ce qu’elle appelle « la notation bienveillante », reprochant aux notes d’être « stigmatisantes », voire « démoralisantes » quand elles sont mauvaises. Elle reprend ainsi l’une des vieilles rengaines de la gauche « pédago » et des adeptes de « l’Ecole nouvelle » : la suppression des notes.

    Bien des ministres, avant elle, ont été obligés d’abandonner cette proposition idéologique face au refus massif des enseignants, des parents et même des élèves. Tous craignent, avec raison aux vues de ce qui s’est passé dans de nombreux pays qui ont expérimenté ce dispositif, que le niveau et la motivation des élèves chutent encore plus vite. (Cf. note publiée en 2012 par le CERU)

    La ministre sait parfaitement tout cela. C’est pourquoi, elle souhaite influencer les parents en mettant en avant des expérimentations qui fonctionnent ; quitte pour cela à enjoliver un peu la réalité.

    C’est dans ce contexte qu’elle s’est rendue avec une armada de journalistes, vendredi 14 novembre, à Vic-Fezensac dans le Gers pour visiter un collège qui depuis 4 ans et demi a remplacé les notes par des pastilles vertes (quand c’est juste) et rouges (quand c’est faux). L’idée, soutenue par la communication du ministère, était de prouver que ce nouveau dispositif était à la fois « révolutionnaire et efficace » (comme l’a d’ailleurs gentiment sous-titré l’Obs).
    Pour ce faire, la principale de l’établissement a été mise à contribution soulignant que les avantages sont visibles : « Sur des taux mesurables, comme la réussite au brevet ou l’orientation en fin de 4e, trois fois moins importante qu’auparavant, les résultats sont éloquents. »

    Le Monde, dans son édition du 15 novembre indique même que désormais le taux de réussite de ce collège au diplôme du brevet est de 93 %. Eloquent ?

    Non, car ce que la principale et le journal Le Monde, oublient de dire c’est que ce collège avait un taux de réussite de 96 % avant d’abandonner les notes. Plus grave, après deux ans de cette expérimentation, le taux de réussite avait chuté à 87 % (moins 9 points) et il n’est remonté que grâce àla mise en place d’une semaine de « bachotage » instaurée avant l’examen.

    Cette semaine de révisions intensives permet de maintenir l’illusion sur le taux de réussite, mais il suffit de se plonger, comme l’a fait un chroniqueur de Marianne, dans une des copies présentées en exemple pour se rendre compte de la baisse du niveau d’exigence.

    Comment affirmer que cette copie est écrite « en français correct » ?

    Il va falloir rappeler à la ministre que ce n’est pas en cassant le thermomètre que l’on fait baisser la fièvre et encore moins en abandonnant le système des notes que l’on luttera efficacement contre les mauvaises performances de notre système scolaire.